Infographie : automobile, les usages émergents

Infographie Auto V7

Dans un contexte de réduction du budget automobile, les nouveaux modes de consommation automobile séduisent de plus en plus d’automobilistes.

Le covoiturage

30% des automobilistes ont déjà expérimenté le covoiturage (en tant que conducteur ou passager). Les hommes constituent la majorité des utilisateurs, surtout parmi les conducteurs. Ces services séduisent en outre davantage les jeunes et CSP+. Toutefois, plus on monte en gamme dans le véhicule possédé, moins son propriétaire est enclin à franchir le pas du covoiturage.

La location de très courte durée

La notoriété des services de location de très courte durée s’étend progressivement : alors qu’en 2011, 34% des automobilistes ne connaissaient pas ces services, ils ne sont plus que 24% dans ce cas deux ans après. Il en va de même pour les usages puisque 10% des conducteurs ont déjà eu recours à l’autopartage, contre 1% en 2011. Ces services suscitent davantage l’intérêt des jeunes automobilistes.

La location de véhicules entre particuliers

Drivy, Ouicar, Buzzcar ou encore Deways : depuis 2011, les services de location de voitures entre particuliers se sont multipliés. Malgré cela, les pratiques restent encore confidentielles. Moins de 5% des automobilistes ont déjà mis en location leur véhicule principal ou secondaire. Les particuliers se montrent encore peu enclins à recourir à ce type de services, par manque de confiance. Les acteurs qui se positionnent sur ce créneau doivent donc déployer des efforts importants pour lever les appréhensions en mettant en place des garanties et en renforçant leur rôle de tiers de confiance.

Ces résultats sont extraits de l’étude « Consommation automobile : l’impact d’Internet, les usages émergents » (2013). Celle-ci s’appuie sur une enquête en ligne menée auprès de 1 096 automobilistes, au cours du mois de juin 2013.

Pascale Hébel (CREDOC) : « Nous sommes clairement dans une phase de consommation frugale »

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Troc, made by me ou encore made in France… Quelles sont les tendances de consommation 2013 ? Pascale Hébel analyse et présente les pratiques d’achat émergentes pour CCM Benchmark. 

Dans le contexte actuel, quel est l’impact de la crise sur la consommation des ménages ?

En 2013, le niveau de consommation va baisser très fortement. Une situation qui rappelle les records atteints  en 1993. La crise économique, parce qu’elle entraîne une baisse du pouvoir d’achat depuis 5 ans, est bien évidemment à l’origine de ce déclin. La récente envolée du taux de chômage ne permet pas non plus de miser sur une sortie de crise rapide. Les prévisions les plus optimistes évoquent une reprise en 2014 au plus tôt.

En 2013, les Français vont donc reporter les achats importants (électroménager, biens durables) et vont moins consommer les biens qui relèvent de « l’achat plaisir ». Les Français se tournent plutôt vers l’épargne, le placement sans risque.

Quelles sont les pratiques d’achat émergentes ? Comment vont-elles évoluer ?

La crise actuelle fait donc évoluer les pratiques d’achat des Français. En 2013, ils prévoient d’acheter uniquement ce dont ils ont besoin et seront de plus en plus nombreux à se reporter sur le marché de l’occasion. D’autres pratiques émergent, comme le troc. Surfant sur cette tendance, certaines municipalités proposent, par exemple, des trocs de vêtements.

Le « fait maison » connait également un fort engouement auprès des consommateurs français et il est intéressant de constater que ce n’est pas uniquement pour une question de prix. En effet, le consommateur se montre de plus en plus méfiant envers les produits industriels. Les nombreux scandales auxquels ils ont été mêlés, comme récemment avec la  viande de cheval, ne font qu’entretenir cette défiance.  En outre, on dénombre beaucoup de startups se positionnant sur ce marché, avec des plates-formes d’échange de biens et de services. Enfin, les Français dépensent moins pour leurs vacances, et pour ceux qui partent, la tendance est d’organiser leur voyage eux-mêmes au lieu de s’adresser à des agences spécialisées.

Comment expliquez vous la tendance du « made in France » ?

La tendance du made in France explose, comme en 1993. En effet, lorsqu’un pays est en crise, sa population se mobilise pour sauver son industrie et consomme beaucoup plus “local”. Mais aujourd’hui, il n’est plus seulement question de protectionnisme, les Français sont également concernés par la dimension « développement durable » liée à la notion de made in France. Les consommateurs achètent “local” car cela engendre moins de pollution. Donc certes, la crise a joué un rôle dans l’essor du made in France, mais il y a aussi l’aspect écologique à prendre en compte, et c’est ce qui permettra à ce marché de se pérenniser, même lorsqu’on sortira de cette crise économique.

En conclusion, nous sommes clairement dans une phase de consommation frugale, une période de recherche de simplicité où le consommateur cherche à restreindre ses achats plaisirs et ses achats impulsifs pour se diriger vers une consommation raisonnable, une consommation de besoin.

Pascale Hébel est directrice du département consommation au CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Elle présentera les résultats de la dernière édition de l’étude « Les habitudes de consommation des Français » lors de la conférence « Tendances de Consommation » organisée par CCM Benchmark le 9 avril prochain.